Galerie La Palette des possibles, Toulouse, septembre 2021
Chacun pourra ici constituer une histoire. Sans savoir particulier, pénétrer la force suggestive des pièces proposées, images d’un puzzle à construire.
« La ligne d’horizon remonte et l’océan dont l’écume phosphorescente suit les méandres de la côte, se déploie comme une toile, à perte de vue, d’un gris encore profond, couvert de rides immobiles et parallèles dont les sommets s’éclairent par degré, se teintent peu à peu de rose, en même temps que les cimes des nuages tourmentés, entassés. Certains montent en gigantesques panaches, comme des tours, gonflés d’énormes boursouflures, élevant très haut dans le ciel leurs cimes, qui s’arrondissent en dômes, en grappes de coupoles. L’ombre cruciforme de l’avion se déplace rapidement sur une surface pelucheuse. » Claude SIMON, Orion aveugle, 1970
À partir de la vision, interroger le regard, changer le rapport à la forme. Ce n’est pas un tableau ou un volume, c’est une trace, c’est une empreinte.
L’hypothèse ici est qu’Orion, ce géant mythologique rendu aveugle qui recouvre la vue en marchant vers le soleil levant, « a un œil » : il voit, dans l’aveuglement du jour naissant, au-delà des apparences. Symbole pictural
C’est l’œil d’Orion qui sert d’entrée dans l’exposition. Il nous prête cet œil qui « recouvre la vue »
Le récit se déroule ensuite au gré de chacun, selon des obliques formelles et sans perdre le fil onirique jonché de plumes qui conduit d’un volume de surface à une peinture dont la figuration s’absente.
Pas de recherche d’effet, pas ici de geste comme mesure étalon du processus de création.
Exploration, en quête de lumière. Que recèle la matière picturale ? Comment dépasser la figuration ?
La mesure est celle du corps : présence, absence, interrelation, dimension des pièces. Je donne corps à la peinture et prends les volumes à cœur
déambulant
au fil du récit, au fil des heures