Galerie l’Impénitente, printemps 2018, dernière exposition chez Labaronne
Hagoromo
(羽衣
Le manteau de plumes) est une des pièces du répertoire nô japonais.
Nous sommes sur le rivage de Miwo, une étendue aride plantée de pins, tout près de « la route ventée des vagues ». Un pêcheur quitte sa barque, remonte la plage, conscient d’ « un ciel vide et vibrant de musique » et d’ « une beauté à transporter l’esprit au-delà de lui-même », avant de voir un manteau de plumes d’une beauté stupéfiante […].
Kenneth WHITE cite Ezra POUND, Les Cygnes Sauvages, 1990
C’est une pièce –
un seul acte – sur la perte et la redécouverte d’un chemin.
Hagoromo illustre le
thème traditionnel de la femme-cygne.
Hagoromo, l’exposition :
Formes de papier, de laine, de lunaire annuelle, signes contrastés tracés d’un geste vif, tout ici est corps et absence de corps. Le corps marquant le vide, corps manquant, évocation des plumes, du mouvement d’une danse, d’une vie. Ces formes à mi-chemin entre la surface et le volume murmurent une déité femme, exposent la blessure originelle.
Le corps ici s’engage au présent dans une performance picturale. Un poème de Kenneth White est dit au moment de la performance
« Elle reviendra la pensée sauvage, sûre comme ses ailes et exacte en sa beauté, la pensée sauvage, elle reviendra. »